Texte du mois

 

Messsages d’une initiée de la Rose-Croix 

Jeanne GUEDON

 

 

Ce livre, qui n’engage que les idées de son auteur, est publié par la Diffusion Rosicrucienne et sous l’égide de l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix.

Extrait du chapitre « LA CRISE DE CONSCIENCE EUROPÉENNE »

 

 

LA BONTÉ (1954)

 

Nous espérons que nous toucherons votre cœur à tous en attirant votre attention sur la bonté ; non pas qu’il soit nécessaire de vous la recommander, vous ne seriez pas des Rosicruciens si vous n’étiez pas bons envers les autres humains, et même envers tout ce qui vit dans le Cosmos.

Nous ne vous définirons pas non plus la bonté, nous contentant de paraphraser tout simplement un verset du premier chapitre de l’Imitation :

“Mieux vaut pratiquer la bonté que d’en savoir la définition”. Nous préciserons simplement quelques points qui rendent la bonté particulièrement efficace.

Comme tous les sentiments délicats, elle est subtile ; c’est une sorte de fleur qui s’épanouit au-dessus de la conscience. Elle est réservée à une élite dont les spiritualistes se doivent de faire partie. Quelle est son expression la plus fréquente ? C’est le don.

Il faut donner, «l’aumône est sœur de la prière», a dit magnifiquement Victor Hugo. Il faut donner à ceux qui manquent de ce que nous possédons nous-mêmes, et il faut aller un peu plus loin encore ; non seulement le Rosicrucien donne avec le sourire, mais encore il ne se cantonne jamais dans l’utile. Il ajoute toujours quelque chose de charmant, de personnel, d’inattendu. A un malade ou à un pauvre il remettra non seulement le nécessaire, nourriture ou vêtement, mais encore il ajoutera une fleur, un bonbon, un petit objet de “luxe”.

Il fut un temps où les dames “d’œuvres” ne tricotaient “pour les petits malheureux” que des lai­nages d’une horrible teinte sombre, sous prétexte que “c’était moins salissant”. Et c’était ainsi qu’on humi­liait les pauvres gens, certes sans mauvaise inten­tion. Maintenant, au contraire, on sait l’influence heureuse des couleurs claires et vives et de la lumière sur le rayonnement des êtres. On apportera avec soi du soleil, non seulement celui qui nous éclaire et nous vivifie matériellement, mais le soleil essentiel, celui des âmes !

On donne non seulement à celui qui reçoit, mais à soi-même et ce n’est pas un paradoxe. Aucun sacrifice n’est inutile, il ajoute toujours au capital mystique de l’humanité mais encore, d’une façon ou d’une autre, il revient toujours vers celui qui l’a consenti. Autrement dit, un don est un sacrifice, mais il l’est d’autant plus qu’il nous coûte. Coûter de l’ar­gent, c’est déjà bien ; c’est infiniment mieux quand il nous coûte de la peine, du temps, quand c’est un retranchement de quelque chose dont nous avons besoin, et donner une chose à laquelle on tient … C’est mieux que de dépenser beaucoup d’argent, qu’on aurait en superflu.

Mais, il y a encore un autre aspect de la bon­té, un aspect auquel nous devons faire allusion, d’au­tant plus qu’on l’oublie souvent, à notre époque.

La bonté est quelque chose de positif ; elle ne doit en aucune circonstance et à aucun prix, se con­fondre avec la faiblesse. C’est agir à l’opposé de la bonté que de témoigner de l’indulgence pour le mal. Ayons donc le courage de ne jamais pactiser avec ce qui est bas, indigne et déshonorant. Ce n’est pas être bon que de laisser le mal s’exprimer, que de ne pas réfréner les mauvais instincts dont nous surprenons le déchaînement.

 

 

 

 
   

– Fin de l’extrait –